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Dr Frédéric TEBOUL
Pathologie · Page d'orientation

Paralysies du membre supérieur et inférieur

Un bras, une main, un pied, un genou qui ne répond plus : comprendre d'où vient la paralysie, car tout en dépend

Dr Frédéric Teboul Proposé par Dr Frédéric Teboul Chirurgien du plexus brachial et des nerfs périphériques
Paralysies du membre supérieur : origines de la lésion nerveuse, tableau clinique et déficits typiques des nerfs radial, ulnaire et médian et des racines C5 à T1 — Dr Frédéric Teboul, chirurgien spécialiste de la main et du plexus brachial à Paris
Origines de la lésion, tableau clinique et déficits typiques selon le nerf ou la racine atteinte · Illustration : cabinet du Dr Frédéric Teboul

Un bras qui ne se lève plus, une main qui pend, des doigts qui ne s'étendent plus, une pince qui a disparu, une cheville qui steppe, des orteils qui ne se relèvent plus. Que ce soit après un accident, un appui prolongé ou sans cause évidente, une paralysie d'un membre est toujours inquiétante — et soulève une question avant toutes les autres : d'où vient-elle ?

Cet article sert de point d'entrée. Il explique comment une paralysie du bras ou de la cheville se lit, pourquoi localiser précisément l'atteinte est décisif, et vers quelle prise en charge chaque situation oriente. C'est le fil qui relie toutes les atteintes nerveuses des membres.

Une paralysie n'est pas un diagnostic : c'est une question de niveau

Le membre supérieur est commandé par un long trajet nerveux : depuis la moelle épinière, au niveau du cou, les nerfs cheminent en réseau — le plexus brachial — puis se séparent en grands nerfs individuels qui descendent jusqu'à la main.

Le principe qui gouverne tout l'article

Le déficit dépend de l'endroit de l'atteinte. Une paralysie ne dit pas, à elle seule, ce qui s'est passé ni ce qu'on peut espérer. C'est en localisant le niveau — près de la moelle, sur le plexus, ou sur un nerf isolé plus bas — qu'on comprend le déficit, qu'on estime le pronostic et qu'on choisit le traitement.

La même plainte, « mon bras, ma jambe est paralysé », recouvre des situations radicalement différentes selon ce niveau.

Les grands niveaux d'atteinte

Tout en haut : le plexus brachial

Quand l'atteinte siège près de la moelle, sur le réseau nerveux du cou, elle peut toucher de larges portions du membre à la fois — épaule et coude, ou main, ou tout le bras. C'est le domaine des lésions du plexus brachial, le plus souvent après un traumatisme violent. Elles sont les plus complexes, et leur pronostic dépend étroitement du délai de prise en charge.

Ces atteintes font l'objet d'un article dédié, car elles ont leurs règles propres — notamment l'importance capitale du facteur temps. C'est le domaine d'ultra-spécialisation du Dr Teboul.

Plus bas : un nerf isolé

Quand l'atteinte touche un seul nerf du bras, plus bas sur son trajet, le déficit est plus ciblé : il correspond précisément au territoire de ce nerf. Trois grands nerfs peuvent être concernés, chacun donnant un tableau reconnaissable.

Les paralysies des nerfs isolés du bras

Le nerf radial : la « main tombante »

Le nerf radial commande l'extension — relever le poignet et les doigts. Son atteinte donne un signe très caractéristique : la main tombante, un poignet qui pend et qu'on ne peut pas relever, avec des doigts qui ne s'étendent plus.

La « paralysie du samedi soir » : une bonne nouvelle cachée

La cause la plus connue est la compression du nerf contre l'os du bras lors d'un appui prolongé — un bras resté trop longtemps posé sur un dossier ou plié sous la tête pendant un sommeil profond. D'où le surnom imagé de « paralysie du samedi soir ».

La bonne nouvelle : dans cette forme par simple compression, le nerf n'est pas rompu, seulement « endormi ». La récupération est le plus souvent complète, spontanément, en quelques semaines à quelques mois. C'est l'exemple parfait d'une paralysie impressionnante mais de bon pronostic — à condition d'avoir bien identifié la cause.

Le nerf radial peut aussi être atteint lors d'une fracture de l'os du bras, qu'il longe de près. La conduite est alors différente et dépend du contexte de la fracture.

Le nerf médian et le nerf ulnaire

Ces deux nerfs commandent surtout la main. Leurs atteintes les plus fréquentes ne sont pas des paralysies brutales, mais des compressions chroniques progressives, qui font l'objet d'articles dédiés sur ce site :

Le nerf médian est le plus souvent comprimé au poignet — c'est le syndrome du canal carpien, avec fourmillements et, à un stade avancé, faiblesse de la pince du pouce. Voir l'article canal carpien.

Le nerf ulnaire est le plus souvent comprimé au coude, donnant fourmillements des deux derniers doigts et, à terme, une perte de force de la main. Il peut aussi être comprimé au poignet : voir l'article loge de Guyon.

Ces nerfs peuvent aussi être atteints de façon aiguë, par une plaie ou une fracture, réalisant alors une véritable paralysie de leur territoire.

Reconnaître ce qui n'est pas une atteinte du bras

Un point important, car il change tout : toute paralysie d'un membre supérieur ne vient pas d'une atteinte des nerfs du bras. Une origine plus centrale — au niveau du cou (une racine nerveuse comprimée par la colonne) ou du cerveau (un accident vasculaire) — peut aussi se manifester par une faiblesse du bras.

Un signe qui doit faire consulter en urgence

Une faiblesse du bras d'apparition brutale, surtout si elle s'accompagne d'autres signes — trouble de la parole, déformation du visage, faiblesse d'une jambe, du même côté — peut être le signe d'un accident vasculaire cérébral, qui est une urgence vitale absolue.

Dans ce cas, il ne faut pas attendre : il faut appeler les secours immédiatement. Ce type de paralysie ne relève pas de la chirurgie du nerf, mais d'une prise en charge d'urgence différente.

C'est aussi le rôle du bilan que de faire cette part des choses : distinguer ce qui vient du bras lui-même de ce qui vient de plus haut (système nerveux central : cerveau et moelle épinière).

Le bilan : localiser, puis préciser

La démarche est toujours la même, quel que soit le niveau soupçonné :

Examen clinique

Il est central : en testant précisément quels muscles sont faibles et quelles zones ont perdu leur sensibilité, on remonte au nerf ou au niveau atteint. C'est la première et la plus importante étape.

Électromyogramme

Il confirme le niveau de l'atteinte, en apprécie la sévérité et l'ancienneté, et suit une éventuelle récupération.

Imagerie

Échographie et IRM visualisent le nerf, cherchent une compression, une rupture, ou une cause locale (cicatrice, masse).

Les grandes voies de traitement

Selon le niveau et le mécanisme, la prise en charge suit l'une de ces logiques :

Surveiller

Surveiller et rééduquer, quand une récupération spontanée est possible — comme dans la paralysie du samedi soir. La rééducation entretient la souplesse en attendant.

Libérer

Libérer le nerf quand il est comprimé — libération au canal carpien, au coude, à la loge de Guyon.

Réparer

Réparer ou reconstruire, quand le nerf est rompu ou une racine arrachée : greffe, transfert nerveux, dans le cadre d'une chirurgie spécialisée.

Les atteintes les plus fréquentes

Paralysies du plexus brachial après accident de moto ; paralysie du deltoïde (nerf axillaire), spontanée ou après chirurgie de l'épaule ; paralysie du nerf radial après une fracture de l'humérus ; paralysie du nerf ulnaire et du nerf médian autour du coude sur des arcades musculaires ; paralysie du nerf thoracique long avec scapula alata spontanée ; paralysie du muscle trapèze après une chirurgie du cou (biopsie ganglionnaire) ; neuropathies constrictives ; paralysie du nerf fibulaire commun après une entorse grave du genou ou après une chirurgie ; paralysie du nerf fémoral, le plus souvent après une chirurgie du petit bassin ou une prothèse de hanche par voie antérieure.

Un principe traverse toutes ces situations : quand le nerf est lésé et doit être réparé, le temps compte. Un muscle privé de nerf trop longtemps récupère mal. C'est pourquoi une paralysie qui ne s'améliore pas doit être évaluée sans trop tarder, même si la décision finale est parfois de surveiller.

Le tableau d'orientation

Ce que vous ressentez
Niveau probable
Vers quoi cela oriente
Bras entier ou épaule + coude paralysés après un choc violent
Plexus brachial
Avis spécialisé rapide
Poignet et doigts qui pendent après un appui prolongé
Nerf radial
Souvent récupération spontanée ; surveillance
Fourmillements et faiblesse de la main, progressifs
Nerf médian ou ulnaire comprimé
Bilan de compression
Faiblesse brutale du bras + parole ou visage atteints
Origine centrale (AVC)
Urgence vitale : appeler les secours
Impossibilité d'étendre le genou, paralysie du quadriceps
Nerf fémoral
Avis spécialisé
Impossibilité de relever le pied (steppage), entorse grave du genou
Nerf fibulaire commun
Avis spécialisé

Ce tableau n'a qu'une valeur d'orientation : seul un examen permet d'établir le niveau réel de l'atteinte et sa cause.

La rééducation, dans tous les cas

Les protocoles se décident au cas par cas : consultez notre centre de connaissances pour découvrir des cas précis et contextualisés.

Questions fréquentes

Cela dépend entièrement de l'origine. Une paralysie par simple compression, comme la « paralysie du samedi soir » du nerf radial, récupère le plus souvent seule en quelques semaines. Une atteinte par rupture ou arrachement de nerf ne récupère pas spontanément et relève d'une chirurgie spécialisée. Localiser l'atteinte est ce qui permet de le savoir.

C'est le tableau typique d'une atteinte du nerf radial, la « main tombante ». Si elle fait suite à un appui prolongé, il s'agit souvent d'une compression de bon pronostic, qui récupère spontanément. Un examen permet de le confirmer et d'écarter une autre cause, comme une fracture.

Parce que tout dépend de la cause, et que seul un examen peut la déterminer. Certaines paralysies récupèrent seules, mais d'autres nécessitent une réparation, et dans ce cas le temps compte : un muscle privé de nerf trop longtemps récupère mal. Consulter tôt permet de ne pas manquer une situation qui aurait bénéficié d'une prise en charge rapide.

Le canal carpien est une forme particulière et fréquente d'atteinte d'un nerf du bras — le nerf médian, comprimé au poignet. C'est une compression chronique et progressive, pas une paralysie brutale. Il fait l'objet d'un article dédié sur ce site.

Oui. Une faiblesse brutale du bras, surtout associée à un trouble de la parole ou du visage du même côté, peut être le signe d'un accident vasculaire cérébral, qui est une urgence vitale. Dans ce cas, il faut appeler les secours immédiatement : cela ne relève pas de la chirurgie du nerf.

Non. Beaucoup de paralysies, notamment par compression, guérissent sans chirurgie, avec surveillance et rééducation. La chirurgie est réservée aux nerfs comprimés qu'il faut libérer, ou rompus qu'il faut réparer. Tout dépend, là encore, du niveau et de la cause de l'atteinte.

Il peut s'agir d'une paralysie obstétricale du plexus brachial, survenue à l'accouchement. La majorité récupèrent spontanément, mais un avis spécialisé précoce est important en l'absence de récupération. Ce sujet est détaillé dans l'article dédié au plexus brachial.

Il peut s'agir d'une atteinte du nerf fibulaire commun au col de la fibula, soit post-traumatique, soit spontanée sur un kyste de l'articulation du genou.

Il faut penser à une atteinte du nerf fémoral (crural).

Il faut rechercher une atteinte du nerf thoracique long (serratus anterior), une atteinte de la branche externe du nerf spinal (muscle trapèze), ou un syndrome de Parsonage et Turner.

Un chirurgien spécialisé dans les nerfs périphériques et le plexus brachial, qui saura localiser l'atteinte et proposer la bonne prise en charge. Le Dr Frédéric Teboul, chirurgien de la main, du plexus brachial et des nerfs périphériques, membre de l'Académie Nationale de Chirurgie, est ultra-spécialisé dans ces situations.

Glossaire

Paralysie

Perte, totale ou partielle, de la commande d'un ou plusieurs muscles.

Plexus brachial

Réseau de nerfs, issu de la moelle au niveau du cou, qui commande tout le membre supérieur.

Nerf radial

Nerf de l'extension du poignet et des doigts ; son atteinte donne la « main tombante ».

Nerf médian

Nerf le plus souvent comprimé au poignet (canal carpien).

Nerf ulnaire

Nerf le plus souvent comprimé au coude.

Paralysie du samedi soir

Compression du nerf radial par appui prolongé ; de bon pronostic, souvent réversible.

Électromyogramme (EMG)

Examen qui mesure l'activité des nerfs et des muscles pour localiser une atteinte.

Sources

01

Approach to differentiating lesions (nerve root, plexus, and peripheral nerve). 2025 — la démarche repose sur la localisation : racine, plexus ou nerf périphérique, chacun donnant un pattern moteur et sensitif distinct

02

Wrist Drop. StatPearls. 2026 — l'atteinte du nerf radial dans la gouttière humérale (« paralysie du samedi soir ») donne une main tombante ; les neuropathies compressives aiguës ont un excellent pronostic

03

Saturday Night Palsy (case report and review). Cureus. 2021 — neurapraxie du nerf radial par compression prolongée ; récupération quasi universelle vers 6 mois

04

Clinical Features of Wrist Drop Caused by Compressive Radial Neuropathy. 2014 — la localisation précise de l'atteinte radiale conditionne le tableau et la conduite

05

A Structured Approach to the Diagnosis of Peripheral Nervous System Disorders. Continuum. 2021 — les signes centraux (AVC) imposent une prise en charge distincte et urgente

06

Isolated Radial Nerve Palsy Following Humerus Fracture — l'atteinte du nerf radial complique 5-10 % des fractures de la diaphyse humérale

07

Épidémiologie des paralysies nerveuses du membre supérieur en pratique de chirurgie de la main — référence à compléter

08

Délais de récupération par nerf et par mécanisme — référence à compléter

Dr Frédéric Teboul

Relu et validé par le Dr Frédéric Teboul, chirurgien de la main, du plexus brachial et des nerfs périphériques, membre de l'Académie Nationale de Chirurgie.

Dernière mise à jour : 20 août 2026

Page enrichie, relue et validée par le Dr Frédéric Teboul

Avertissement. Cet article a une vocation informative et d'orientation. Il ne remplace pas une consultation. Une faiblesse brutale du bras associée à un trouble de la parole ou du visage impose d'appeler les secours immédiatement.

Auteur de cette publication

Chaque contenu est signé par son auteur et relu avant publication.

Dr Frédéric Teboul Auteur Dr Frédéric Teboul Chirurgien du plexus brachial et des nerfs périphériques
Rédigé le : 20 août 2026 Relu par : Dr Frédéric Teboul Prochaine révision : annuelle Notre comité de rédaction
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