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Dr Frédéric TEBOUL
Coiffe des rotateurs

Rupture de la coiffe des rotateurs de l’épaule : symptômes, examens, traitements et récupération

Rupture de la coiffe des rotateurs : faut-il opérer ? Avis HAS 2026, essais cliniques, symptômes, examens, rééducation et causes nerveuses à exclure.

Par Dr Frédéric Teboul · Publié le 2 novembre 2026 · 17 min de lecture

Proposé par

Dr Frédéric Teboul

Chirurgien de la main, des nerfs périphériques et du plexus brachial

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Informations déontologiquement fiables

Contenu rédigé, relu et validé par un chirurgien du cabinet · Conforme aux recommandations des sociétés savantes.

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17 min de lecture · maj 2 novembre 2026 · validé par le Dr F. Teboul

Une rupture de la coiffe des rotateurs est une déchirure, partielle ou complète, d’un ou plusieurs des quatre tendons qui entourent la tête de l’humérus. Elle est très fréquente après 50 ans, souvent sans aucun symptôme, et toutes les ruptures ne s’opèrent pas. Depuis juillet 2026, la Haute Autorité de santé (HAS) fixe un cadre clair : un traitement médical bien conduit d’abord pour les ruptures dégénératives, un avis chirurgical rapide pour les ruptures traumatiques sur tendon sain. Une question reste souvent oubliée : quand le bras ne se lève plus, le problème vient-il du tendon, ou du nerf qui commande le muscle ?

C’est le terrain d’expertise du Dr Frédéric Teboul, chirurgien de la main, des nerfs périphériques et du plexus brachial à Paris.

L’essentiel en 6 points

  • Fréquence : environ 1 adulte sur 5 a une rupture transfixiante de la coiffe, le plus souvent sans le savoir (étude de population japonaise, 1 366 épaules).

  • Première cause de douleur d’épaule : la pathologie de la coiffe explique environ 2 douleurs d’épaule sur 3, selon la HAS.

  • Traitement de première intention : médico-fonctionnel (antalgiques, kinésithérapie, 1 à 2 infiltrations) pour les ruptures dégénératives.

  • Chirurgie : discutable après au moins 6 mois de traitement médical sans succès ; sans délai en cas de rupture traumatique sur tendon sain.

  • Après réparation : attelle 4 à 6 semaines, renforcement à partir de 3 mois, reprise des efforts personnalisée à partir de 6 mois.

  • À ne pas manquer : une faiblesse de l’épaule peut venir d’un nerf (nerf suprascapulaire, nerf axillaire, plexus brachial, racine cervicale C5). L’examen neurologique fait partie du bilan recommandé par la HAS.


Qu’est-ce que la coiffe des rotateurs ?

La coiffe des rotateurs est un ensemble de quatre muscles nés de l’omoplate, dont les tendons se rejoignent pour « coiffer » la tête de l’humérus. Elle maintient la tête humérale centrée dans l’articulation pendant que le deltoïde soulève le bras.

Chaque muscle dépend d’un nerf précis. Ce détail anatomique explique pourquoi une atteinte nerveuse peut imiter une rupture tendineuse.

Schéma descriptif de la coiffe des rotateurs

Schéma descriptif de la coiffe des rotateurs



Muscle

Rôle principal

Nerf qui le commande

Sus-épineux (supra-épineux)

Élévation du bras sur le côté (abduction)

Nerf suprascapulaire

Sous-épineux (infra-épineux)

Rotation externe

Nerf suprascapulaire

Petit rond

Rotation externe

Nerf axillaire

Sous-scapulaire

Rotation interne

Nerfs subscapulaires

Le tendon le plus souvent rompu est celui du sus-épineux, qui passe dans l’espace étroit situé sous l’acromion.



Rupture partielle, transfixiante, massive : comprendre votre compte rendu d’imagerie

Les termes de l’IRM ou de l’arthroscanner décrivent l’étendue des dégâts, qui conditionne les options de traitement.

Les différentes étapes de la rupture de la coiffe des rotateurs



Terme

Signification

Pourquoi c’est important

Rupture partielle

Le tendon est abîmé sur une partie de son épaisseur

Fréquente avec l’âge, souvent sans gravité

Rupture transfixiante

Le tendon est percé sur toute son épaisseur

Ne cicatrise pas spontanément, peut s’agrandir

Taille (classification de Cofield)

Petite moins de 1 cm, moyenne 1 à 3 cm, grande 3 à 5 cm, massive plus de 5 cm

Plus la rupture est grande, plus le risque de re-rupture après réparation augmente

Rétraction

Le bout du tendon s’est retiré vers l’omoplate

Une forte rétraction rend la réparation plus difficile

Dégénérescence graisseuse, amyotrophie

Le muscle s’est fondu et remplacé par de la graisse

Phénomène irréversible qui pèse sur la cicatrisation et la force




Combien de personnes sont concernées ?

La rupture de coiffe est extrêmement répandue, et la plupart des personnes concernées n’ont pas mal. Trois données permettent d’en prendre la mesure :

  • Dans une étude de population portant sur 1 366 épaules, 20,7 % présentaient une rupture transfixiante (Journal of Shoulder and Elbow Surgery, 2010). Elle touchait 36 % des personnes qui avaient mal, mais aussi 16,9 % de celles qui n’avaient aucun symptôme.

  • La fréquence augmente nettement avec l’âge : une étude échographique a retrouvé des ruptures sans symptôme chez 13 % des 50 à 59 ans et chez 51 % des plus de 80 ans.

  • En février 2026, une étude publiée dans JAMA Internal Medicine sur un échantillon représentatif de Finlandais de 41 à 76 ans a trouvé au moins une anomalie de la coiffe à l’IRM chez 99 % des participants, y compris dans 96 % des épaules sans douleur. Les ruptures partielles concernaient 43 % des 45 ans et moins, et 65 % des 70 ans et plus.

En France, plus de 26 000 adultes ont eu une réparation chirurgicale de la coiffe au second semestre 2022, selon les données nationales analysées par la HAS.


Le message pour le patient est rassurant : une rupture vue à l’IRM n’est pas forcément la cause de la douleur. C’est la confrontation entre l’examen clinique et l’imagerie qui permet de conclure.

Pourquoi la coiffe se rompt-elle ?


On distingue deux grands mécanismes, qui n’appellent pas la même prise en charge.

La rupture dégénérative est la plus fréquente. Le tendon s’use progressivement avec l’âge, les gestes répétés bras levés et parfois un espace sous-acromial étroit. Dans l’étude de population citée plus haut, les facteurs de risque identifiés étaient l’âge, le bras dominant et un antécédent de traumatisme ; les travaux physiques lourds étaient également associés aux ruptures.



La rupture traumatique survient après une chute sur le bras, un effort brutal (soulever une charge lourde, se retenir en tombant) ou une luxation de l’épaule. Après 60 ans, la luxation est un mécanisme à bien connaître : 20 à 25 % des premières luxations surviennent après cet âge, et la rupture de coiffe associée est décrite chez 35 à 86 % des patients de plus de 35 ans selon les séries publiées. La luxation peut aussi étirer le nerf axillaire ou le plexus brachial : c’est une situation où tendon et nerf doivent être examinés ensemble.

Une rupture dégénérative ancienne peut aussi s’agrandir brutalement à l’occasion d’un traumatisme mineur. On parle alors de rupture « aiguë sur chronique ».

Quels sont les symptômes ?

Les signes les plus fréquents sont :

  • une douleur de l’épaule, souvent sur le côté du bras, qui augmente quand on lève le bras ;

  • des douleurs nocturnes, notamment couché sur l’épaule atteinte ;

  • une perte de force pour lever le bras, porter un objet bras tendu ou tourner le bras vers l’extérieur ;

  • parfois une impossibilité de lever activement le bras, alors qu’un tiers peut le lever sans difficulté (on parle d’épaule pseudo-paralytique).

L’intensité de la douleur ne reflète pas la taille de la rupture. Une rupture large peut être peu douloureuse, alors qu’une lésion limitée peut gêner beaucoup.



Consultez rapidement dans ces situations :


  • perte brutale de la capacité à lever le bras après une chute, un effort ou une luxation ;

  • engourdissement, fourmillements ou faiblesse qui descendent dans le bras ou la main ;

  • douleur très intense apparue sans effort, suivie quelques jours plus tard d’une faiblesse de l’épaule ;

  • épaule chaude, gonflée, avec de la fièvre ;

  • muscle de l’omoplate qui fond visiblement en quelques semaines.


Tendon ou nerf ? Le diagnostic que l’on oublie

Une épaule qui ne se lève plus n’a pas toujours un tendon rompu. Plusieurs atteintes nerveuses produisent les mêmes symptômes, et la fréquence des ruptures sans douleur à l’IRM peut faire attribuer à tort la faiblesse au tendon. C’est pourquoi la HAS inclut un examen neurologique des membres supérieurs et un examen du rachis cervical dans le bilan de toute épaule douloureuse.

Pour le Dr Frédéric Teboul, chirurgien des nerfs et du plexus brachial, cette question est quotidienne : une rupture de coiffe et une lésion nerveuse peuvent se ressembler, et parfois coexister.


Atteinte

Ce qui doit alerter

Examen qui tranche

Neuropathie du nerf suprascapulaire

Fonte du creux au-dessus ou en dessous de l’épine de l’omoplate, faiblesse en rotation externe plus marquée que la douleur ne le laisse prévoir

Électromyogramme (EMG), IRM

Syndrome de Parsonage-Turner (névralgie amyotrophiante)

Douleur brutale et très intense sans effort, puis faiblesse quelques jours plus tard

EMG, IRM montrant un œdème musculaire sans rupture tendineuse

Atteinte du nerf axillaire après luxation

Bras impossible à lever après réduction, insensibilité du moignon de l’épaule

Examen clinique, EMG

Atteinte du plexus brachial

Faiblesse ou troubles sensitifs étendus au bras et à la main, souvent après un traumatisme à haute énergie

Examen neurologique, EMG, imagerie spécialisée

Radiculopathie cervicale C5-C6

Douleur partant du cou, irradiant dans le bras, parfois fourmillements

Examen du rachis cervical, imagerie du cou




Trois situations illustrent l’enjeu :

  • Après une luxation chez le sujet âgé.


    Dans une série de 31 patients incapables de lever le bras après réduction d’une luxation, tous avaient une rupture de coiffe. Or 29 avaient d’abord été considérés comme atteints du nerf axillaire, une lésion confirmée chez seulement 4 des 20 patients testés par EMG. À l’inverse, une série suédoise chez les plus de 40 ans a retrouvé une lésion nerveuse, tendineuse ou les deux chez 75 % des patients. Conclusion : il faut chercher les deux.

  • Le syndrome de Parsonage-Turner.


    Cette inflammation du plexus brachial peut imiter une rupture de coiffe ; une étude radiologique de référence souligne que ne pas l’évoquer expose à un traitement inadapté, voire à une chirurgie inutile (Radiology, 2006).

  • La rupture massive rétractée.


    En se rétractant, le tendon peut tirer sur le nerf suprascapulaire et ajouter une souffrance nerveuse à la lésion tendineuse.



Lorsqu’une épaule doit être recentrée par une prothèse ou réanimée après une paralysie, l’état des nerfs (notamment du nerf axillaire, qui commande le deltoïde) conditionne aussi le choix de la technique. Le Dr Teboul a cosigné des travaux sur la restauration de la rotation externe de l’épaule après lésion du plexus brachial.




Quels examens pour confirmer une rupture de coiffe ?

Le diagnostic repose d’abord sur l’interrogatoire et l’examen clinique comparé des deux épaules : amplitudes actives et passives, force de chaque muscle, examen neurologique et cervical. La HAS recommande ensuite une imagerie progressive :

Étape

Examen

Quand

1

Radiographie standard de l’épaule

Après 4 à 6 semaines de douleur non traumatique

2

Échographie, voire IRM

En cas d’échec de la kinésithérapie et de l’infiltration

3

Bilan préopératoire : radiographies (3 rotations et faux profil de Lamy) plus IRM, arthroscanner ou arthro-IRM

Si une chirurgie est envisagée

En plus

Électromyogramme (EMG)

Si l’examen oriente vers une atteinte nerveuse

Après un traumatisme important avec perte de force brutale, le délai n’a pas lieu d’être : l’imagerie et l’avis spécialisé sont à obtenir rapidement.


Le traitement médical, en première intention


Pour une rupture dégénérative, la HAS place le traitement médico-fonctionnel en première ligne :

  1. Dès le début : maintien des activités tolérées, antalgiques (paracétamol, éventuellement de palier 2), anti-inflammatoires en l’absence de contre-indication, explications sur la pathologie et réassurance.

  2. Si la douleur persiste après 4 à 6 semaines : kinésithérapie et 1 à 2 infiltrations de corticoïdes, espacées d’au moins 3 semaines. Les répéter sans amélioration n’a pas d’intérêt.

  3. Chez la personne âgée : prise en charge de la perte d’autonomie si l’épaule limite le quotidien.

La kinésithérapie vise à garder une épaule souple et à renforcer les muscles restants, en particulier le deltoïde, pour compenser le tendon lésé.


Faut-il opérer une rupture de la coiffe des rotateurs ?

Toutes les ruptures, même transfixiantes, ne relèvent pas de la chirurgie. La décision dépend du mécanisme, de l’âge, de l’activité, de la taille de la rupture et de l’état du muscle.


Situation

Orientation recommandée par la HAS

Rupture traumatique sur tendon sain, surtout chez une personne active

Avis chirurgical sans délai

Rupture dégénérative

Traitement médical d’au moins 6 mois, chirurgie discutée en cas d’échec

Tendinopathie sans rupture

La chirurgie n’a pas démontré son intérêt

Échec du traitement médical : douleur importante, besoin d’aide au quotidien, bras limité sous le niveau du cou, déficit de force gênant

Avis d’un chirurgien orthopédiste, quel que soit l’âge si la personne est active


La HAS liste aussi des situations où la réparation n’est pas indiquée : raideur d’origine capsulaire, arthrose gléno-humérale évoluée, espace sous-acromial inférieur à 6 mm sur la radiographie (signe d’une rupture d’au moins deux tendons) et atrophie musculaire importante.

Ce que montrent les essais randomisés. Deux études de référence éclairent la décision, sans se contredire, car elles ne portent pas sur les mêmes patients :


Étude

Patients

Résultat

Kukkonen et al., Finlande (J Shoulder Elbow Surg, 2021)

180 épaules, plus de 55 ans, petite rupture non traumatique du seul sus-épineux (10 mm en moyenne)

Aucune différence entre kinésithérapie seule et chirurgie, à 1 an comme après 6,2 ans de suivi en moyenne

Moosmayer et al., Norvège (J Bone Joint Surg Am, 2019 et 2024)

103 patients, rupture transfixiante de 3 cm au plus

Avantage à la réparation qui se creuse avec le temps : +9,6 points de score de Constant à 10 ans, +11,8 points à 15 ans



Dans l’essai norvégien, les ruptures traitées par kinésithérapie seule se sont agrandies, de 16,2 mm à 31,6 mm en moyenne en 15 ans. Le choix se fait donc au cas par cas : une petite rupture dégénérative chez une personne de plus de 55 ans peut très bien se gérer sans chirurgie, alors qu’une rupture plus large chez une personne plus jeune et active mérite une discussion chirurgicale plus précoce.

En quoi consiste l’opération ?

La technique de référence est la réparation anatomique du tendon : le chirurgien le refixe sur l’os de l’humérus à l’aide d’ancres, le plus souvent sous arthroscopie, par de petites incisions. Selon la HAS, les gestes associés (ténotomie ou ténodèse du long biceps, geste sur l’articulation acromio-claviculaire, acromioplastie) ne sont pas systématiques.

L’acromioplastie isolée, qui consiste à raboter l’acromion sans réparer le tendon, n’a pas démontré son intérêt dans la tendinopathie sans rupture. La HAS relève pourtant que plus de 3 600 adultes de 40 ans et plus en ont bénéficié en France au second semestre 2022.

Quand la rupture est irréparable et l’épaule arthrosique, d’autres solutions existent, comme la prothèse inversée de l’épaule chez la personne âgée. Son efficacité repose sur le deltoïde : une atteinte du nerf axillaire doit donc être recherchée avant.

Résultats et risque de re-rupture

La re-rupture après réparation est fréquente, mais elle n’efface pas forcément le bénéfice. Une méta-analyse de 108 études (plus de 8 000 épaules) retrouve un taux moyen de re-rupture de 26,6 % environ deux ans après l’opération ; les scores fonctionnels s’amélioraient pourtant, que le tendon ait cicatrisé ou non.

Les principaux facteurs de risque de re-rupture sont, selon une méta-analyse publiée en 2021 (BMC Musculoskeletal Disorders) :

  • l’âge ;

  • la taille de la rupture et sa rétraction ;

  • la dégénérescence graisseuse et l’atrophie du muscle ;

  • le diabète et le tabac.

Sur le tabac, une cohorte de 1 902 patients opérés sous arthroscopie montre que les anciens fumeurs ne retrouvent un risque de re-rupture comparable à celui des non-fumeurs qu’après au moins 3 ans d’arrêt. Arrêter de fumer reste utile à tout moment, pour la cicatrisation comme pour la santé générale.



Rééducation et récupération après l’opération

La rééducation commence avant l’intervention : la HAS recommande d’arriver au bloc avec une épaule souple, de savoir utiliser l’attelle et de connaître les exercices d’autorééducation. Après l’opération, le protocole dépend du geste réalisé et des consignes du chirurgien. Les grandes étapes recommandées sont :

Période

Objectif

0 à 4 ou 6 semaines

Port de l’attelle, rééducation précoce active aidée, autorééducation supervisée par le kinésithérapeute

Après le retrait de l’attelle

Rééducation active, récupération progressive des amplitudes

À partir de 3 mois

Renforcement musculaire progressif

À partir de 6 mois

Phase personnalisée : reprise du travail de force, du sport

La durée de l’arrêt de travail et la reprise de la conduite varient selon le côté opéré, le métier et la qualité de la réparation. Elles se décident avec le chirurgien, et avec le médecin du travail pour un poste physique.


Rupture de coiffe et maladie professionnelle

La rupture partielle ou transfixiante de la coiffe des rotateurs figure au tableau 57 A des maladies professionnelles du régime général (INRS, mis à jour par décret du 24 septembre 2026). Le délai de prise en charge est d’un an, sous réserve d’une durée d’exposition d’un an à des travaux comportant des mouvements ou le maintien de l’épaule sans soutien en abduction (bras écarté du corps) :

  • avec un angle d’au moins 60° pendant au moins deux heures par jour au total ;

  • ou avec un angle d’au moins 90° pendant au moins une heure par jour au total.

La déclaration se fait auprès de l’Assurance Maladie, avec un certificat médical initial. Votre médecin traitant ou le médecin du travail peuvent vous accompagner.


Questions fréquentes sur la rupture de la coiffe des rotateurs (Les réponses de votre chirurgien).


Une rupture de la coiffe des rotateurs peut-elle cicatriser seule ?


Une rupture transfixiante ne se referme pas spontanément. En revanche, la douleur peut disparaître et la fonction rester bonne grâce à la rééducation, ce qui explique que beaucoup de ruptures ne soient jamais opérées.



Peut-on vivre avec une rupture de coiffe sans se faire opérer ?


Oui, souvent. Près d’un adulte sur cinq a une rupture transfixiante, la plupart sans le savoir. Un suivi reste utile, car certaines ruptures s’agrandissent avec le temps.

Combien de temps faut-il essayer le traitement médical avant d’envisager la chirurgie ?


Pour une rupture dégénérative, la HAS recommande au moins 6 mois de traitement médico-fonctionnel bien conduit. Pour une rupture traumatique sur tendon sain, l’avis chirurgical doit être obtenu sans attendre.

Pourquoi ai-je plus mal la nuit ?


La position allongée, surtout sur l’épaule atteinte, augmente la pression sur les tendons lésés et sur la bourse séreuse qui les recouvre. Ces douleurs nocturnes sont l’un des signes les plus caractéristiques.

Les infiltrations sont-elles dangereuses pour le tendon ?


La HAS les intègre au traitement de première intention, à raison de 1 à 2 infiltrations espacées d’au moins 3 semaines. Les multiplier sans amélioration n’est pas recommandé.


Combien de temps dure la récupération après une réparation ?


L’attelle se porte 4 à 6 semaines, le renforcement commence vers 3 mois et la reprise des efforts importants se prépare à partir de 6 mois. La progression se poursuit souvent au-delà.

Mon bras ne se lève plus après une luxation : est-ce le tendon ou le nerf ?


Les deux sont possibles, et peuvent coexister, surtout après 60 ans. Un examen clinique ciblé, une imagerie de la coiffe et un électromyogramme permettent de faire la part des choses.

La rupture de coiffe peut-elle être reconnue en maladie professionnelle ?

Oui, au titre du tableau 57 A, si les conditions d’exposition (bras écarté du corps à 60° ou 90° selon des durées quotidiennes définies) et de délai sont réunies.

Consulter le Dr Frédéric Teboul

Le Dr Frédéric Teboul est chirurgien de la main, des nerfs périphériques et du plexus brachial à Paris. Il reçoit notamment les patients dont la faiblesse de l’épaule pose la question d’une origine nerveuse : après une luxation, un traumatisme, une douleur brutale suivie d’une perte de force, ou lorsque l’imagerie ne suffit pas à expliquer les symptômes.

Lieux de consultation :

  • Institut de chirurgie du nerf et du plexus brachial, 92 boulevard de Courcelles, 75017 Paris

Prendre rendez-vous

Cet article a une visée d’information générale. Il ne remplace pas une consultation médicale, seule à même d’établir un diagnostic et de proposer un traitement adapté à votre situation. Rédigé sous la responsabilité du Dr Frédéric Teboul. Dernière mise à jour : novembre 2026.

Sources

  • Haute Autorité de santé. Conduite diagnostique en cas d’épaule douloureuse non traumatique de l’adulte et prise en charge médicale et chirurgicale des tendinopathies de la coiffe des rotateurs. Recommandations 2023 et 2026 (publiées le 15 juillet 2026), études SNDS.

  • La Revue du Praticien. Tendinopathies de la coiffe des rotateurs : les recos de la HAS. 2026.

  • Yamamoto A, et al. Prevalence and risk factors of a rotator cuff tear in the general population. J Shoulder Elbow Surg. 2010;19(1):116-120.

  • Tempelhof S, Rupp S, Seil R. Age-related prevalence of rotator cuff tears in asymptomatic shoulders. J Shoulder Elbow Surg. 1999;8(4):296-299.

  • Ibounig T, Järvinen TLN, et al. Incidental rotator cuff abnormalities on magnetic resonance imaging. JAMA Intern Med. 16 février 2026.

  • Kukkonen J, et al. Treatment of non-traumatic rotator cuff tears: a randomised controlled trial with one-year clinical results. Bone Joint J. 2014;96-B(1):75-81.

  • Kukkonen J, et al. Operative versus conservative treatment of small, nontraumatic supraspinatus tears in patients older than 55 years: over 5-year follow-up of a randomized controlled trial. J Shoulder Elbow Surg. 2021.

  • Moosmayer S, et al. At a 10-year follow-up, tendon repair is superior to physiotherapy in the treatment of small and medium-sized rotator cuff tears. J Bone Joint Surg Am. 2019;101(12):1050-1060.

  • Moosmayer S, et al. Fifteen-year results of a comparative analysis of tendon repair versus physiotherapy for small-to-medium-sized rotator cuff tears. J Bone Joint Surg Am. 2024;106(19):1785-1796.

  • McElvany MD, et al. Rotator cuff repair: published evidence on factors associated with repair integrity and clinical outcome. Am J Sports Med. 2015.

  • Longo UG, et al. Retear rates after rotator cuff surgery: a systematic review and meta-analysis. BMC Musculoskelet Disord. 2021;22:749.

  • Duration of smoking cessation needed to achieve retear rates comparable to those of nonsmokers after arthroscopic rotator cuff repair. Étude de cohorte, Université Yonsei.

  • Neviaser RJ, Neviaser TJ, Neviaser JS. Concurrent rupture of the rotator cuff and anterior dislocation of the shoulder in the older patient. J Bone Joint Surg Am. 1988.

  • Murthi AM. Shoulder dislocation in the older patient. J Am Acad Orthop Surg. 2012;20(10).

  • Complications of anterior shoulder dislocation in patients over 40 years. Acta Orthopaedica Scandinavica.

  • Gaskin CM, Helms CA. Parsonage-Turner syndrome: MR imaging findings and clinical information of 27 patients. Radiology. 2006;240:501-507.

  • Boykin RE, et al. Suprascapular neuropathy. J Bone Joint Surg Am. 2010;92(13):2348-2364.

  • Goubier JN, Echalier C, Dubois E, Teboul F. Restoration of external rotation of the shoulder in adults with partial brachial plexus injuries.

  • INRS. Tableau n° 57 du régime général, affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail. Mise à jour : décret du 24 septembre 2026.

Page relue et validée par le Dr Frédéric Teboul, chirurgien de la main, du plexus brachial et des nerfs périphériques.

Dernière mise à jour : 2 novembre 2026 · Page enrichie, relue et validée par le Dr Frédéric Teboul

Avertissement. Cet article présente une information générale à visée pédagogique. Il ne remplace pas une consultation : toute décision de prise en charge s'apprécie au cas par cas, avec votre chirurgien.

Auteur de cette publication

Chaque contenu est signé par son auteur et relu avant publication.

  • Auteur

    Dr Frédéric Teboul

    Chirurgien de la main, des nerfs périphériques et du plexus brachial

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Rédigé le : 2 novembre 2026
Relu par : Dr Frédéric Teboul
Prochaine révision : annuelle
Notre comité de rédaction →
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